En 2024, selon Statista, ¾ des achats effectués en ligne sont effectués sur mobile. Ce chiffre illustre la façon dont les smartphones redéfinissent les habitudes d’achat en ligne. Une évolution qui s’appuie sur trois piliers : l’omniprésence des smartphones comme point d’accès principal à internet, le déploiement de la 4G et 5G qui permet une expérience plus fluide, et l’intégration de nouvelles technologies.
Simplicité et personnalisation
Le smartphone, devenu principal outil de connexion à Internet, permet d’acheter partout et à tout moment. La 4G et la 5G, aujourd’hui disponibles pour plus de 70% de la population métropolitaine, garantissent une expérience sans friction. Cette accessibilité favorise l’achat mobile pour les besoins quotidiens : mode, alimentation, services, transports. Les notifications push et la simplicité d’utilisation, qui engendrent une disponibilité 24/7 des utilisateurs, stimulent les ventes. Le m-commerce enrichit aussi l’expérience client avec ses interfaces intuitives et sa géolocalisation pour des offres locales ciblées. Les nouvelles technologies – réalité augmentée, reconnaissance vocale, paiements biométriques et portefeuilles numériques – simplifient encore l’acte d’achat.
La SNCF illustre ce virage vers le m-commerce : un an après le lancement de son application « SNCF Connect », deux billets sur trois sont achetés via mobile. Le même phénomène touche déjà l’industrie de l’alimentation, notamment avec les options “Drive” ou “Click&Collect” mises en place par beaucoup d’enseignes et qui permettent de composer et valider son panier sur une application mobile, puis d’aller récupérer ses courses au moment souhaité. L’application mobile “Mon E.Leclerc”, par exemple, comptait déjà plus de 4 millions d’utilisateurs actifs en janvier 2024. Mais plus qu’une révolution pour les consommateurs, le mobile commerce permet aussi aux entreprises de suivre les comportements et tendances d’achats de leurs consommateurs et d’avoir accès à un grand nombre de données pour mieux comprendre le marché et mieux cibler leurs ventes, et ce, notamment grâce à l’accès direct à certaines fonctionnalités intégrées telles que la géolocalisation et les contacts.
Le m-commerce fait face à plusieurs défis. D’abord techniques car les coûts d’acquisition d’utilisateurs sont plus élevés sur mobile que sur web. Les campagnes publicitaires et la captation d’attention exigent en effet des investissements conséquents. De plus, l’optimisation des sites web, pour garantir une navigation fluide sur mobile est un défi de taille pour les e-commerçants, puisque les appareils mobiles imposent des contraintes et termes d’affichage et d’espace. Il est aussi nécessaire de s’assurer que les applications soient compatibles avec une large variété de plateformes, notamment IOS et Android, et qu’elles soient conçues pour fonctionner sur tout modèle et type d’appareils, pour toucher un maximum d’utilisateurs.
La sécurité des paiements inquiète les consommateurs, à juste titre : 65% des transactions frauduleuses concernent les appareils mobiles d’après Dirox. Si l’authentification biométrique offre une solution, sa mise en place exige une rigueur technique. Par ailleurs, l’abandon de paniers reste une problématique récurrente : les processus de paiement trop longs ou les formulaires complexes sont des facteurs de frustration pour les utilisateurs. Enfin, un excès de publicités intrusives peut nuire à l’expérience globale et dissuader les consommateurs à l’utilisation des applications mobiles.
L’avenir du m-commerce dépendra de sa capacité à résoudre ces défis. Mais il semble déjà prometteur. Selon Statista, les ventes mondiales via mobile pourraient atteindre 3,4 billions de dollars d’ici 2027. Et l’émergence des « super-apps » – plateformes combinant commerce, réseaux sociaux et paiement – ouvre de nouvelles perspectives.